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Notes sur le récit

Le récit a été écrit par mon père au cours des années 1980 sans que je puisse en donner la date plus précisément. Ce fut en effet une période durant laquelle nous avions rompu tout contact à la suite de graves différents familiaux.

L'original comporte 21 pages manuscrites dont la première est reproduite en fac-similé ici. Il a été remis au propre à la main dans un cahier, probablement par sa compagne Me. Ginette Durel, qui a fait quelques corrections sur la forme et le français. Il a ensuite été tapé à la machine en deux exemplaires. C'est ce texte que j'ai numérisé puis passé à la reconnaissance de caractères. Tel qu'il apparaît ici, il est le résultat d'une synthèse que j'ai faite en me reportant parfois à l'original manuscrit et en y apportant mes propres corrections de mise en forme pour tenter de clarifier certains passages sans en trahir l'authenticité.

Au cours de mon enfance mon père a souvent évoqué les souvenirs de sa captivité, aussi je suis étonné que certains détails, que je tiens de sa bouche, ne figurent pas dans ce récit.
J'en citerai deux :

  • Le premier date probablement des premiers mois durant lesquels il nous a souvent dit avoir souffert terriblement de la faim. Le régime était en effet particulièrement dur pour ceux qui, ne voulant pas travailler pour l'Allemagne, avaient refusé de partir en kommando. Il y avait parmi ses compagnons d'infortune, Charles Rigoulot, un champion d'haltérophilie très célèbre. Il jouissait d'un grand prestige auprès des allemands qui nourrissaient une admiration sans borne pour la force physique. Au dire de mon père Charles Rigoulot usait de ce statut pour obtenir des faveurs sous forme de rab de patates ou de pain auprès des cuisines et qu'il en faisait profiter ses compagnons de misère.
  • Le second concerne la période Colditz. Il cite dans son récit plusieurs personnes dont, pour certaines, je n'avais jamais entendu parler, mais il en omet une dont bizarrement il nous a souvent parlé. Il s'agit du Lieutenant Mairesse-Lebrun, un officier français, auteur d'une évasion rocambolesque.
    Il a pris la fuite en short, au cours d'une pause sportive dans les douves du château, alors qu'il était aux arrêts de rigueur. Pendant que des complices détournaient l'attention de ses gardiens, un autre l'a littéralement propulsé au dessus de la haute clôture de barbelés qui le séparait de la liberté en lui faisant la courte-échelle. Il s'est enfui en zigzaguant tandis que les prisonniers présents bousculaient les sentinelles qui lui tiraient dessus. Sa cavale a réussi puisqu'il a pu atteindre la Suisse d'où il a envoyé une carte postale à ses anciens codétenus. Beau joueur, le commandant du camp a lu la carte au rassemblement et a demandé que ses effets soient rassemblés pour lui être envoyés.

Tel est le récit que m'en a fait mon père

Les liens d'amitié qu'il avait tissé à Colditz avec Julien Kérignard et Roger Devernay sont demeurés très forts tout au long de leur vie. Tous trois sont morts aujourd'hui.
Julien était mon Parrain.
Odette Devernay était la marraine de mon frère Pierre.

Mon père était né le 6 juin 1915 à Poitiers, il est mort le 15 juillet 1996 à Falaise.

Les images de fond de ces pages montrent les tampons figurant au dos des photos de Colditz.


 

D'après les indications qui figurent au dos, la photo ci-contre représente le père Congar. Elle n'aurait pas été prise à Colditz mais à l'oflag X C à Lubeck.

En fait, selon Frédéric Mortimore, Le père Congar est le personnage de droite.
Le père Congar est considéré comme un des plus grands théologiens du XXème siècle, célèbre pour sa participation au Concile Vatican II. Il est décédé en 1995.
Voir précision ici


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Philippe Pallu

 

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