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Nous venons de quitter le Pas-de-Calais pour aller au
secours des Belges, leur frontière venant d’être violée
par les Allemands. En cours de route, nous sommes tout de même étonnés
de croiser des soldats belges se dirigeant vers le sud. Du côté de Landrecie, on doit se mettre
en batterie, mais, où est l’armement ? Où sont les munitions
? Dans la soirée, un officier qui m’est inconnu crie "Sauve qui peut !". Des soldats s’enfuient vers le sud. Je reste avec une batterie de 75 en tir direct. Mais, seuls, sans commandement, je ne me souviens plus exactement de quelle façon nous prenons la décision de fuir comme les autres, c’est-à-dire regagner vers le sud des lignes de défense reconstituées. Mais où ? C’est à pied que nous passons à
Solesmes (Nord). Là, nous nous ravitaillons dans un dépôt
de C.O.O.P. (conserves, Ricard, etc. ). Dans tout le matériel abandonné
au bord de la route, nous repérons un camion belge en bon état.
Nous y prenons place et l’un de nous se met au volant. C’est tout de même
plus rapide et moins fatigant. La population civile fuit, elle aussi... On reprend place dans notre camion et nous allons repartir. Malheureusement, à travers champ, nous voyons apparaître des chars allemands. " Hand hoch " Haut les mains ! Nous sommes le 19 mai 194O. Les Allemands cassent les crosses pour rendre nos armes
inutilisables et nous avançons péniblement, fourbus, affamés,
assoiffés... Mühlberg, Stalag IV B : mai 1940 Malgré la faim qui me tenaille, je refuse de partir en kommando. Je fus donc affecté dans un bureau pour y recopier les fiches individuelles de chaque prisonnier au coin de laquelle figurait notre photo. J’ai toujours le double de la mienne. C’est Coquelin, un photographe de Poitiers qui était affecté au travail de la photo. Il était de mon pays natal. Durant les mois passés à Mülhlberg, au Stalag IV B, d’autres camarades qui avaient été faits prisonniers en juillet, nous rejoignirent. Ils avaient séjourné dans des camps en France où il leur était possible de recevoir des colis de leur famille. La première gauloise que je fumais me fit tourner la tête, au point que je dus me coucher. Fin octobre 1940, on demande des volontaires pour effectuer des travaux dans un camp d’officiers prisonniers. Je me fais inscrire comme menuisier. Le 1er novembre, nous sommes une quinzaine à débarquer à Colditz. Là, des gamelles pleines nous attendent ! Depuis cinq mois que nous soufrions de la faim ! A tel point que je ne pouvais pas faire trois pas en courant. Peu de temps après notre arrivée je suis affecté à la cuisine. Là, je reprends du poids et des forces.
Le culte de l’évasion aidait à entretenir le moral de tous ces " indomptables ". " Renoncer ? Jamais ! " Là, j’ai eu l’occasion de rencontrer des hommes de grande valeur, français ou d’autres nationalités. (Lire les livres écrits sur Colditz, notamment LE GRAND REFUS dont je possède un des cinq cents exemplaires numérotés 290 offert et dédicacé par Roger Devernay qui est resté mon seul et meilleur ami depuis... ).
Le lieutenant Michel Girot, tué par la Gestapo
quand il tenta de s’évader (pour la énième fois) Mais celui qui me marqua le plus et que je n’oublierai jamais était anglais : le Commandant Douglas Bader, " le pilote sans jambe ", dont le courage et le cran faisaient l’admiration de tous ! En pensant à lui, je pense à Patrick Segal, à Denis Legris, au sauteur unijambiste, à tous ceux qui, infirmes ou handicapés, font des efforts pour vivre comme les autres et souvent y parviennent, forçant notre respect et notre admiration.
Dans la vie de captifs que nous subissions avec les officiers, il nous était possible de participer, avec eux, aux mêmes activités : théâtre, musique, chant, offices religieux, études de langues, sport etc. nous fêtions ensemble anniversaires et fêtes. J’ai suivi des cours d’allemand avec le lieutenant Yung, professeur au lycée Henri IV à Paris, en compagnie de Julien Kérignard et de plusieurs officiers. Julien et moi furent les élèves les plus assidus.
La patience de Roger fut mise à rude épreuve
pour me donner des cours de mathématiques et me faire parvenir
à la résolution des équations du second degré...
Par idéal religieux et fraternel, nous avions formé un clan scout avec le lieutenant Marc Hubert notre chef et l’Abbé Joly, notre aumônier. C’était un groupe fort sympathique où le mot fraternité avait pris toute sa valeur et c’était si bon, si réconfortant loin de nos familles, loin de la France. Nous sortions du Schloss (château, qui avait plutôt l’allure d’une forteresse avec miradors, chemins de ronde, éclairage tournant avec projecteurs puissants) uniquement pour aller dans le parc faire un peu de sport. Pendant une heure et demie, notre regard pouvait vagabonder dans la nature, loin, loin derrière les murs de notre prison. Quelle chance avons-nous eue d’avoir le Sergent allemand Karl Schedlich chargé de la surveillance à la cuisine. Il avait la carte du parti comme tous les allemands en guerre, mais bien caché, il avait un coeur, un vrai coeur d’homme. Il obtint du commandant du camp la permission de nous accompagner pour des promenades dominicales. Un jour, en sortant ainsi du camp, une sentinelle étonnée
fit remarquer à Karl que, n’étant pas armé, il risquait
de revenir seul. Il la rassura lui montrant son étui à revolver...
Arrivés en pleine campagne, il nous montra son étui ouvert ;
Il était vide... C’est à Colditz que j’ai eu ma première crise de coliques néphrétiques. Julien, notre infirmier, m’a soigné de son mieux, avec les moyens du bord. J’ai tellement souffert que j’ai bien cru, alors, que j’allais y laisser ma peau ! Le Docteur Leguet et les amis me furent alors d’un grand réconfort.
A la mi-décembre 1942, je dus quitter Colditz avec un petit groupe d’ordonnances. Les allemands avaient découvert un poste de radio clandestin. On a dit et écrit depuis, que celui qui avait "indiqué" la cache aux allemands, était parmi nous. Tous peuvent penser que c’est moi. (Cela fait toujours plaisir). Pourtant, celui que l’on a accusé nommément par la suite, n’en faisait pas partie. Le mystère a-t-il été élucidé ? Me voici arrivé dans un kommando à Dobra - L 61 - près de Torgau, Stalag IV D. Ce kommando - dortoir d’une centaine de prisonniers - était situé à la campagne. Certains travaillaient dans une carrière voisine pour en extraire le sable. Ils y péchaient aussi du poisson et des grenouilles, grâce à des lignes montées, reçues dans des colis. L’Allemand chargé de la fouille des colis ne savait pas à quoi servait un hameçon. D’autres travaillaient dans un village proche, plus important. Moi, je fus envoyé chez Weiland pour y fabriquer des tables à dessin. Au moins, je ne travaillais pas directement pour l’armée allemande ! Les fêtes de Noël 1942 approchaient. Nous bénéficiions d’un peu de répit car il fallait réparer les machines à bois. Pendant ce temps, nous ne travaillions pas. Première tentative d’évasion : Noël 1942 Avec un camarade, dont, hélas, j’ai oublié
le nom, nous décidâmes de tenter " La Belle ". Ramenés à Torgau pour y subir un interrogatoire,
nous avons prétendu que, mécontents du kommando, nous cherchions
à en changer. Pourtant, on nous renvoie à Dobra. Investi d’une mission par mes camarades, je ne pouvais m’évader, mais cette nouvelle charge ne semblait pas du goût des allemands. Seconde évasion : Novembre 1943 Avec plusieurs copains, je suis expédié au camp disciplinaire de Mûckenberg. Dans l’usine où je fus affecté on fabriquait, entre autre, du carbure, mélange de charbon et de chaux, effectué à haute température et coulé dans des bacs. Au-dessus de ce liquide en fusion s’élevait un nuage de poussières incandescentes que nous respirions en effectuant le graissage et les réparations des ponts roulants situés à proximité du toit en verre, peint pour éviter que la lueur soit vue d’avion. Entre temps, le sous-officier " La Tomate " était venu de Dobra prendre en main ce kommando disciplinaire. " La Tomate " s’était aperçu de la disparition de ma couverture que j’avais cachée et dont je comptais me servir pendant mon évasion. Pour la motiver, je prétextais un accroc à faire réparer et je la réinstallais sur le lit. Avec Pierre Guiot - récidiviste lui aussi venu de Dobra et qui devait rester un ami - nous décidâmes de quitter ce lieu malsain. Donc, un soir après l’appel nous franchissons les barbelés. J’ai su après que trois autres P.G. (prisonniers de guerre) firent comme nous le même jour. J’ai eu d’ailleurs l’occasion d’en revoir un. Nous gagnons alors la voie de chemin de fer et marchons sur les traverses, difficilement, car il fait nuit et les intervalles entre les traverses ne sont pas réguliers. Nous allons vers la gare de triage d’Elsterwerda et nous devons passer sur un pont auprès duquel se trouve un poste d’aiguillage. Par malchance, l’aiguilleur nous voit et nous prend dans ses projecteurs. Vite, il nous faut fuir à travers les champs. Et il se produisit ce qui était prévisible : en courant, dans le noir sur ce terrain bosselé, je m’écroule dans un creux, a plat comme un crapaud ! Je ne peux pas voir la profondeur du trou mais, étourdi, je me relève, étonné de n’avoir rien de cassé. Nous continuons donc notre marche vers le lieu où un camarade prisonnier logeait, à proximité du triage. Il devait nous aider cette nuit là, à la recherche d’un wagon et nous boucler à l’intérieur. Deux autres Français, prisonniers transformés en travailleurs civils, nous avaient invités à leur remettre ce que nous désirions emporter (lettres, vivres, tabac et autres objets auxquels nous tenions). Nous devions retrouver notre paquet auprès du gars cité plus haut... Mais à la rencontre de ce compatriote, pas plus de colis que de... Il n’est pas question pour nous de revenir sur nos pas. C’est bien là-dessus qu’ils avaient compté. Nous restons cachés là environ trois jours, couchant sur le tas de paille dans la grange et la nuit, cherchant un train... Enfin, nous trouvons des wagons étiquetés en direction de Stuttgart. Nous y montons précipitamment mais, peine perdue car il s’arrête sans cesse : au bout de plusieurs jours, nous n’avons parcouru qu’une quinzaine de kilomètres. Nous quittons donc notre wagon et décidons de prendre les trains de voyageurs, puisque des petits trajets (moins de 100 km) sont tolérés et nous avions des marks provenant de Colditz, planqués dans un tube d’aspirine caché où vous supposez... Ayant réussi à gagner Halle, nous sommes conduits vers un camp de civils, situé entre Halle et Merseburg, à la Bunawerk (une grande usine). Là, des amis nombreux peuvent facilement nous dissimuler et, à l’aide de "bons", nous pouvons aller à la cantine prendre nos repas. Nous avons la chance de rencontrer un prêtre de Luz-St-Sauveur, qui, prisonnier, s’est fait transformer en travailleur civil afin de rester aumônier avec ses camarades. Il nous aide de toutes les façons possibles : argent, vêtements, nourriture et encouragements... Pierre Guiot me quitte pour se rapprocher de son ancien kommando mais je me retrouve en compagnie de Victor Martin qui est à sa 8ème tentative... Lui et moi, nous reprenons un train de voyageurs. Nous atteignons Erfurt puis Bébra. Là, nous allons dans un petit kommando de français, faire un brin de toilette et rous retaper un peu. Mais le sous-officier allemand ne tarde pas à faire son apparition ça sent le roussi... Il est grand temps de déguerpir. Nous voici de nouveau dans le train pour Fulda et là, comme tout le monde, nous nous dirigeons vers la sortie. C’est là qu’un " Schupo " nous interpelle : - Où allez-vous ? Cela semble le satisfaire car il nous laisse passer. Rapidement, nous nous dirigeons vers les guichets " départ ". Je demande deux billets pour Frankfurt. Je les ai dans la main ; je paie mais, curieusement, je vois mon pote Totor se faire tout petit : il a vu le schupo revenir vers nous. Il me prend les billets et nous prie de le suivre. La guichetière qui récupère les billets garde mon fric et moi, ahuri, je n’ai pas eu l’idée de le lui réclamer. Arrivés dans le bureau du schupo, celui-ci décroche
le téléphone et appelle le boulanger de la place du marché...
Pourtant, j’ai tenté de lui faire comprendre que nous avions menti.
Le boulanger répond qu’il a effectivement des prisonniers français
à son service mais ils sont présents. Sous bonne escorte,
nous sommes dirigés vers la caserne. Nous voyons en passant, le
train qui démarre vers Francfort, sans nous, hélas ! A la caserne, nous sommes enfermés dans la prison militaire (étonnamment propre... ). Par la fenêtre, munie de barreaux nous voyons des femmes et des enfants qui nous adressent des signes d’amitié : étonnant mais réconfortant tout de même. Deux ou trois jours après, nous sommes dirigés vers un Stalag (camp de soldats prisonniers), le IX A à Ziegenhaim, puis enfermés dans une baraque isolée du reste du camp par des barbelés, la 32. Nous sommes le 5 décembre 1943 et passons à l’interrogatoire le 7... J’ai dû cacher ma joie quand l’officier a dit " On va vous garder là ! " car j’avais très peur de retrouver La Tomate. Déjà nous pensons à une nouvelle
évasion. Liberté, liberté chérie... A Noël, l’homme de confiance du camp, un prêtre, vient, bien avant minuit, nous dire la messe dans notre baraque disciplinaire. Un camarade Germain Farjonel, bien que protestant, chante le "Minuit Chrétien" avec Jean Boucherat. Après la messe, on organise un petit gueuleton avec les moyens du bord. Nous avons même du vin. D’où vient-il ? Il y a toujours eu des débrouillards. Dehors, les sentinelles battent la semelle dans la neige. Cette soirée est réconfortante et je ne savais pas, alors, que pour moi, c’était le dernier Noël hors de France. La veillée terminée, nous allons nous coucher. Certains entonnent des chants dans l’obscurité. Je me souviendrai toujours de l’un d’eux que chanta un camarade doté d’une fort belle voix : " Mon ange qui veillez sur moi, Oh ! mon
ange ayez pitié de moi. Quelque temps après, je regagne le camp central. Je me débrouille - je ne me souviens plus comment - avec l’aide du Toubib français pour me faire " étiqueter " travaux légers au camp. L’hiver se passe, mars arrive... Je demande à rencontrer l’Allemand chargé de l’affectation des prisonniers en kommando et lui déclare que j’aimerais bien être affecté au 1426 à Wetzlar, pour y rejoindre des amis. J’obtiens satisfaction. Victor Martin, lui aussi, sans avoir rien fait pour cela, est envoyé au 1426. Le 21 mars 1944, Jean Boucherat et moi franchissons les barbelés aussitôt après l’appel. Il est 20 h. Nous gagnons le camp civil, près du triage. Là, nous repérons un train à destination de Saint-Nazaire. Ce moyen d’évasion est connu des Allemands ; aussi, le train ne part-il qu’après avoir été fouillé. C’est donc quand le train démarre que nous montons. Il nous faut ouvrir la porte centrale. Ce n’est qu’au cours des arrêts successifs que je parviens à la refermer de l’extérieur et à la plomber. Ensuite, je m’introduis dans le wagon par une lucarne fermant de l’intérieur. Comme prévu, ce wagon contient des sacs de ciment. Le convoi s’arrête. Au passage de la frontière, j’ai du mal à résister au sommeil ; un chien aboie et Jean s’évertue à me tenir éveillé afin d’éviter mon ronflement. Enfin, la chance aidant, le train redémarre. Après cinq nuits et quatre jours, l’aube arrive. Nous croyons être à Châlons et décidons de quitter notre wagon. Nous avons économisé l’eau de notre bidon afin qu’il en reste pour nous laver un peu et nous raser. Il n’est pas question de sortir dans l’état où nous sommes. Nous avons du ciment collé partout, surtout aux yeux et aux lèvres. La lame du rasoir nous arrache la peau. Nous prenons pied sur le sol de France. Nous sommes le 26 mars 1944. Marchant vers la ville, la plaque d’agglomération
nous indique " TROYES " Jean pousse un cri
de joie. - Vous êtes l’ami de Jean Boucherat ? Je ne me suis pas fait prier. Elle aurait pu m’emmener vers la kommandantur... Heureusement, je retrouve Jean chez ses cousins. Quel accueil formidable !!! Grande toilette, déjeuner, puis au lit. Je dors 24 heures d’affilée avec un seul arrêt pipi. A notre réveil, un festin nous est servi bien arrosé, grâce, vraisemblablement, au marché noir. Je m’étais promis d’envoyer aussit6t après un mot à ma mère et à ma fiancée mais j’en fus incapable... Vous devinez pourquoi. Jean s’en va dans sa famille en Bourgogne je crois. Le lendemain, après avoir envoyé une lettre à ma mère et à ma fiancée pour leur annoncer mon arrivée en France, habillé en civil par un pharmacien de la défense passive, mais résistant aussi. Je dois prendre le train pour Paris, mais alerte !... Le pharmacien me conduit néanmoins à la gare de Troyes. Le soir, à la nuit tombée, je débarque Gare de l’Est à Paris. Je me dirige rapidement vers Levallois où je sais retrouver Julien Kérignard dans un presbytère (il fut libéré pour raison de santé je crois). Mais là, le curé de la paroisse refuse de m’héberger... Julien m’accompagne et nous partons pour Boulogne Billancourt où nous passons la nuit dans l’appartement inoccupé d’un parent de Julien. Le lendemain, Julien et moi allons au 56 rue de la Chapelle chez Monsieur et Madame Devernay où se trouvent également Odette, la femme de Roger leur fils prisonnier et sa mère, Madame Max. J’apprends alors que Roger a quitté Colditz et a été tranféré à Lubeck avec les officiers français. Je resterai un mois chez eux le temps de trouver une chambre d’hôtel. Monsieur Devernay m’accompagne au 1er arrondissement de la région Nord,S.N.C.F., voir son fils Emile, adjoint d’arrondissement (j’ai eu une carte de travail immédiatement). Je vais être embauché au dépôt de la Chapelle et je serai tranquille. Puis, Madame R. Devernay, Odette , m’accompagne au bureau d’aide aux prisonniers, rue de la Chaussée d’Antin. Pour sortir du métro Trinité il fallait prendre certaines précautions, les rafles étant fréquentes aux sorties de métro, notamment à celle-ci. Odette sortait la première et si elle ne revenait pas au bout d’un certain temps, je montais la rejoindre. Il existait des bureaux démobilisateurs pour certains prisonniers rapatriés (malades, blessés etc. ) et clandestinement pour les évadés. A ce propos, l’équipe de Chateauroux a été démasquée par la Gestapo pour avoir démobilisé des prisonniers évadés. Les collègues d’Odette me procurent des faux papiers et un laissez-passer pour franchir la ligne de démarcation et aller au bureau de Mâcon m’y faire démobiliser le 4 avril 1944. Le 17 avril 1944, j’entrais à la S.N.C.F. Récemment, j’ai rencontré Pierre Guiot, mon copain de la 2ème évasion. Il m’a raconté qu’à La Toussaint 1942, évadé de passage en Alsace, il s’était planqué chez un gendarme à Saverne. Il lui fallait redoubler de prudence et se cacher même de ses enfants car, à l’école, l’instituteur allemand, revolver sur le bureau, les obligeait à raconter tout ce qui se passait chez eux... Jacques Pallu |
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(c) 2001 - P. Pallu
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